| Journal culturel expérimental sur Berlin par les journalistes étudiants de Bordeaux. └ Retour Netvibes ─── Les articles ┐ |
Berlin Kultur Lab n’est pas un panorama de la vie culturelle berlinoise. C’est un buffet. Pas de compte-rendu exhaustif, pas de résumé. Ce sont des échantillons, des morceaux épars qui disent beaucoup de cette ville sans avoir la prétention de la circonscrire. Chaud ou froid, vous entrez, vous piquez ce qui vous fait envie et vous repartez avec votre article sous le bras.
Ceci n’est pas un produit fini. C’est une expérience. Pas de profilage millimétré, pas de plan commercial à court, moyen ou long terme. C’est une exploration, on avance et on regarde où ça nous mène.
Berlin est-elle la capitale culturelle de l’Europe ? C’est l’image qu’elle projette. Nous avons pu voir à quel point sa vie artistique est luxuriante, mais aussi parfois aussi survendue, factice. Nous apportons quelques éléments, à vous d’en tirer votre propre conclusion.
Dire que les réseau sociaux, le multimédia et le partage sont devenus la culture de l’internet est une évidence. Comment le journalisme peut-il, doit-il en tirer parti ? Nous avons voulu nous en remettre entièrement aux outils de partage qui caractérisent le nouveau monde de l’information. Voir un peu quelle place nous pouvions nous y faire.
Près de 80 productions dont une quinzaine de diaporamas sonores, autant de vidéos, des dizaines de photos, trois Google Maps et de nombreux signets Delicious. C’est le résultat d’une semaine passée là-bas. Mais ce n’est pas parce que nous sommes rentrés à Bordeaux que tout est fini : vous pouvez toujours entrer dans la culture berlinoise par notre petite porte, en faire profiter vos proches, et nous continuerons à lire vos remarques avec plaisir.
Bonne lecture.

Le 7 mai 2010, Julie et Aurélia célébraient le premier anniversaire de l’ouverture de la PMgalerie, un lieu d’exposition accueillant des artistes en résidence. Les deux jeunes Françaises ont quitté Dijon sans savoir ce qu’elles allaient trouver à Berlin. Pourquoi sont–elles parties ? Comment s’est élaboré le projet ? Comment se porte-t-il à présent ? Retour à deux voix sur cette année passée.
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Peter Schwoch habite l’immeuble délabré qui jouxte l’Eisfabrik et les Kühlhaüser, l’ancienne fabrique de glace et les anciens frigos collectifs laissés en ruines et menacés de destruction. Il a débuté seul un combat pour sauver ce qu’il estime appartenir au patrimoine industriel de la ville, et fédère aujourd’hui plusieurs dizaines de personnes. Le vendredi 7 mai, une manifestation a même réuni, selon lui, 150 à 200 personnes. Il nous reçoit en compagnie d’un voisin, Hervé, Breton installé à Berlin depuis seize ans, lui aussi opposé à la destruction des frigos, et inquiet face à la gentrification rampante du quartier et des rives de la Spree. Leur combat pour le bâtiment est aussi un combat pour leur conditions de logement et de vie.
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Mercredi 12 mai, à l’initiative du collectif “Mediaspree Versenken” (Couler Mediaspree), ils étaient plusieurs dizaines à manifester contre la vente d’un terrain des bords de la Spree par la ville. Sur ce terrain se trouve depuis plusieurs années, le Maria am Ostbahnhof, un club réputé pour ses soirées électro.
A travers la situation précaire du Maria, c’est la privatisation rampante et agressive des bords de la Spree qui est dénoncée, vidant Berlin de ses lieux de culture et de liberté.
Matthieu Jarry et Anthony Cerveaux

Mercredi 12 mai, devant les locaux du Liegenschaftsfonds, l’officine en charge de la vente d’une partie du patrimoine foncier et immobilier de Berlin, plusieurs dizaines de personnes manifestent contre la vente par la ville d’un terrain en bord de Spree, occupé par le club Maria am Ostbanhof. Une réunion de négociation doit avoir lieu, dont les participants sont attendus de pied ferme par les manifestants. Un épisode de plus dans le feuilleton de la lutte pour la préservation d’un site phare des contre-cultures berlinoises. Car les rives de la Spree entre Elsen Brücke et Michael Brücke sont en voie de bétonnage. Sièges sociaux et immeubles de bureaux remplacent les plages, bars en plein air, friches industrielles et autres squats qui occupent les lieux depuis près de vingt ans. Depuis quelques années, face aux projets immobiliers en cours, les actions de protestation se multiplient pour sauver un des espaces de liberté et de créativité les plus dynamiques de Berlin.
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Auguststrasse, artère centrale de la création berlinoise. Sur les murs, des graffs, sur le trottoir, la plus grande concentration de micro-galeries de la capitale. Et au numéro 68, le Kunstwerke. Galerie institutionnelle, elle est l’espace où se croisent les collectionneurs en visite à Berlin.
Auguststrasse, figure du paradoxe berlinois. La sur-représentation de l’alternatif, qui fait la griffe de la ville, l’empêche d’être une grande capitale culturelle. Parce que la municipalité est pauvre, les grosses structures ne proposent pas de collections majeures. Et parce qu’à Berlin on achète peu, les grandes galeries sont rares.
Depuis deux semaines, Auguststrasse réunit résolument tous les acteurs de l’offre berlinoise. Au numéro 69, la galerie Me Collectors Room vient de pousser. Et avec envergure. Inaugurée le 1er mai, la galerie privée du mécène allemand Thomas Olbricht est le chaînon manquant entre le KunstWerke du 68, et la Galerie Gerken du 49 (voir article La galerie d’art selon Tanja Gerken : http://berlinkulturlab.tumblr.com/post/613403273/la-galerie-dart-selon-tanja-gerken), entre l’institution et la micro-initiative. La Me Collectors Room permet dorénavant à Augustrasse de représenter toutes les strates de la production artistique. Et la galerie a des airs de Virgin Megastore. Ici, la réception de l’art passe aussi par la consommation.

Il porte le nom d’une arme de poing et ses formules sont lapidaires. SP 38 est un artiste d’origine française, établi à Berlin depuis une quinzaine d’années. Quand il est arrivé, la capitale allemande était un paradis pour le street art. Aujourd’hui, elle s’embourgeoise mais le peintre s’y sent toujours à l’aise. Ses collages à la typographie particulière clament “Vive la bourgeoisie” ou “No propaganda”, et tous les Berlinois les connaissent. Rencontre avec un artiste qui s’affiche sur les murs de la ville plutôt que sur ceux de Facebook.
Son Mathias Kern, photos Olivier Laffargue
À voir aussi :
Autres collages de SP 38
Le site internet de l’artiste
A la limite des quartiers de Kreuzberg et Neukölln, dans le Berlin Est, la brasserie Bock incarne la reconversion typique de ces larges bâtiments de briques ocres en pépinières d’entreprises.

Tout y est. Epices, loukoums et joyeux brouhaha. Les marchands sont Turcs, les clients sont Turcs, même l’eau minérale est Turque. En plein quartier de Kreuzberg, le marché de Maybachufer est un véritable bazar turc. A un détail près, il pleut : bienvenue à Istanbul-sur-Spree.
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C’est le lieu de rendez-vous d’une petite chorale de Turcs. Ce soir-là, seuls certains osent fredonner. Les musiciens sont en deuil. Un des membres les plus anciens de l’association vient de mourir. Les conversations se font pudiques. Loin de l’effervescence habituelle.

Et si l’intégration ne suffisait pas ? Les Turcs parlent Allemand, connaissent la loi, payent leurs impôts. Les plus jeunes vont à l’école du quartier, ne parlent souvent pas un mot de leur langue maternelle. Pourtant, ils restent Turcs. Et tout le monde les considère comme tels. Pourquoi ? Parce que les Allemands en demandent toujours plus, semble-t-il.
Metin Kasim est docteur en sociologie à l’université de Selçuk en Turquie. Il travaille actuellement sur le rôle de la radio dans le processus d’intégration des Turcs à Berlin. Après trois mois passés en Allemagne et plus de 400 entretiens avec des membres de la communauté, il tire ses premières conclusions : l’intégration n’existe plus. Aujourd’hui, les Allemands exigent des immigrés qu’ils renoncent une fois pour toutes à leur identité.
Interview Metin Kasim by Berlin Kultur Lab
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Miel de Semih Kaplanoglu, l’histoire de retrouvailles entre un père et son fils avec la nature et la poésie en toiles de fond, a reçu en février l’Ours d’or lors de la 60e édition du Festival de Berlin. Cette récompense pour un cinéaste turc n’est pas une exception. Les films des réalisateurs turco-allemands sont de plus en plus reconnus. Ils raflent les prix des festivals de cinéma européens.
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Les Turcs ont le statut de « Gaitarbeiter ». Les travailleurs invités. Historique de cette migration.
Contrairement à la France pour l’Indochine ou pour le Maroc, par exemple, jamais l’Allemagne n’a colonisé ni même occupé militairement le territoire turc.
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Aujourd’hui, les “travailleurs invités” ont vieilli. Ils sont usés. Abîmés par des années de travail ouvrier. Pour Celal Altun, il y a urgence. Cet ancien responsable de la TGD (Association des Turcs en Allemagne) milite pour la prise en charge des personnes âgées. Il est le premier à avoir eu l’idée de créer une maison de retraite exclusivement réservée aux immigrés turcs.

Les femmes aussi ont leur passé ouvrier. 40% d’entre elles étaient dans l’industrie textile.
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Le quartier populaire et cosmopolite de Neukölln, au sud-est de Berlin, essuie régulièrement des attaques néonazies: tags, vols, caillassages… La résistance citoyenne s’organise autour du projet “Neukölln contre les nazis”, auquel participent commerces alternatifs et sympathisants de gauche.
Marine Barros et Angélique Le Bouter