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Pour Thierry Noir, peindre sur le Mur fut un geste simple, comme une réaction à une oppression quotidienne vécue depuis son arrivée dans la capitale allemande en 1982. A l’époque, son logement se trouve à cinq mètres de la frontière de béton qui divise la capitale allemande depuis 1961. Chaque regard, chaque sortie donne inéluctablement sur le Mur. Cette présence imposante dérange, asphyxie. Thierry Noir décide de prendre ses pinceaux et de s’attaquer à cet ennemi silencieux. Pour soulager cet étouffement, mais aussi pour démystifier le mur. Pour exorciser, en somme. Les Berlinois n’osent pas alors regarder le Mur, en parler. Ils l’ignorent. Thierry Noir lui le qualifie de « crocodile. »
Texte et vidéo : Chloé Rondeleux et Bertrand Courrège