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Le site, classé au patrimoine national allemand, date de la seconde moitié du XIXème siècle. La brasserie a son propre réseau de distribution.
La brasserie Berliner-Kindl-Schultheiss se vante d’être la plus importante d’Allemagne encore en activité aujourd’hui. Un « kolossal » business… qui attire son lot de touristes.
Dans le premier cercle de la périphérie berlinoise, d’immenses bâtiments de briques ocres abritent le mastodonte du houblon germanique. Le service de sécurité, cordialement ferme, fait patienter les visiteurs à l’entrée, règlement oblige. Le guide, Heiko, se veut ludique et souriant. La quarantaine, en trois-pièces sombre, il arrive, un panier rempli de casques-audio en prévision d’un groupe d’Anglais qui n’arrivera jamais. Rien de bien grave cependant, car avec plus de 20 000 touristes du monde entier de passage chaque année, Heiko ne chôme pas.
Passant par le « gift shop » de rigueur pour rejoindre le hall central en demi-cercle, il entame son antienne à grand renfort de sourires et de Powerpoint savants. Puis vient un clip à la tonalité publicitaire particulièrement assumée. À n’en pas douter la Berliner, comme la Kindl ou même la Schultheiss sont les meilleures bières du monde et rendent les gens heureux!
La visite elle-même débute dans le petit espace « histoire-gloire-mémoire » : quelques chiffres, quelques noms…

Des millions de litres fermentent dans des cuves de 28 mètres de haut et arrosent 50% du marché berlinois.
Une fois à l’air libre, il faut suivre, par sécurité, le passage piéton dominé par les grandes cuves qui gardent les millions de litres, bus à coup sûr la semaine suivante. Quelques plants de houblon survivent à côté, pour se rappeler que le goût et l’arôme de la bière en sont tirés. L’activité est réduite ce jour-là, veille de l’Ascension. Les machines sont à l’arrêt depuis 15h mais les Fenwick naviguent et dispatchent les dernières palettes dans les camions qui attendent, prêts à partir.

La BKS Brauerei emploie plus de 500 personnes, qui font tourner des machines flambant neuves à plein régime. Près de 12 000 litres sont mis en bouteille toutes les heures.
Les derniers employés rincent et briquent les tuyauteries. Les effluves âcres du houblon fermenté saturent l’air. Et même s’il s’agit d’une visite personnalisée, toutes les photos ne sont pas les bienvenues : les petits secrets de fabrication de Berliner-Kindl-Schultheiss Brauerei sont jalousement gardés.
Le « tour » s’achève sur une brève présentation de la modernisation du merchandising. De nouveaux goûts pour une nouvelle cible: bière à la framboise ou au cassis, faible taux d’alcool, coloris flashy, format mini, c’est sûr, ça va plaire aux filles.
Texte et photos : Simon Vidal et Clément Beuselinck-Doussin