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Le 7 mai 2010, Julie et Aurélia célébraient le premier anniversaire de l’ouverture de la PMgalerie, un lieu d’exposition accueillant des artistes en résidence. Les deux jeunes Françaises ont quitté Dijon sans savoir ce qu’elles allaient trouver à Berlin. Pourquoi sont–elles parties ? Comment s’est élaboré le projet ? Comment se porte-t-il à présent ? Retour à deux voix sur cette année passée.

Julie : On avait pas de tableau, ni d’objectif à remplir. On s’est dit, on se lance et on verra. On pensait ouvrir notre petit lieu dans notre coin. Et finalement ça a pris une ampleur à laquelle on ne s’attendait pas!
Aurélia : L’idée, c’était d’avoir un espace où l’on pourrait expérimenter. On n’avait pas d’idée fixe au départ. Notre préjugé, c’était : à Berlin, il y a de la place, il y a des endroits énormes pour pas cher du tout. On va venir ici pour presque rien et on va faire des tests…
Julie : …On pensait louer un lieu de 200m². On a même visité des locaux de 600m² !
Aurélia : En fait, on a mis sept mois pour trouver le lieu. C’est pas aussi facile que ce que l’on pense. Il faut chercher longtemps. Et en plus les loyers augmentent.
Julie : Du coup, on s’est tournées vers une association du quartier de Neukölln qui loue des espaces vides à des gens qui ont des projets liés à la culture…
Aurélia : …On a monté un dossier et au même moment on a rencontré le nouveau propriétaire du lieu où nous sommes. On lui a parlé du projet et il a aimé.
Julie : On invite des artistes pour venir créer et exposer. L’un après l’autre. On leur offre l’espace et la communication. Ils apprécient le lien entre eux et nous. On n’est pas des galeristes. On choisit les pièces pour créer un ensemble, une cohérence et on les aide. Ce sont souvent de jeunes artistes qui n’ont pas l’opportunité de faire des solo show.
Aurélia : L’artiste ne vient pas avec des pièces déjà prêtes. Il vit avec nous et élabore ses pièces et l’exposition sur place. Tout le long du projet on est là, on les accompagne…
Julie : …Le projet est souple…
Aurélia : …Mais on reste regardantes sur les gens qu’on expose. Même si on n’est pas professionnelles, même si on n’est pas une galerie, on est exigeantes…
Julie : …On est passionnées par l’art…
Aurélia : …Et les artistes qu’on accueille aussi. L’art, c’est leur obsession. Ils font des petits boulots pour survivre.
Julie : On travaille avec les gens de notre génération qui ne peuvent pas vivre de leur art pour l’instant.
Aurélia : Il faut dire aussi que le monde de l’art contemporain en France est très fermé. On aurait eu du mal à percer…
Julie : …En même temps on n’avait plus envie de rester en école d’art [les Beaux-Arts de Dijon, N.D.L.R.] pour notre travail. On pensait apprendre plus en dehors de l’école…
Aurélia : …Notre choix de Berlin, c’était pour son énergie créatrice même si par moment c’est déprimant. C’est trop bouillonnant. Des lieux s’ouvrent toutes les semaines mais ferment aussitôt et laissent la place à d’autres…
Julie : …C’est ce que l’on appelle les mushrooms galleries. Nous on contraire, on souhaite s’inscrire dans la durée, dans un programme, faire des expositions qui se répondent. Car c’est comme ça aussi qu’on gagne une crédibilité…
Aurélie : …Même si pour l’instant on travaille sans subventions…
Julie : …On aurait pu attendre d’en avoir pour se lancer. Il y a des aides européennes mais les dossiers sont longs et compliqués à monter. En plus on n’aime pas ça !
Aurélia : C’est pour ça qu’on s’est associées avec une troisième personne plus ouverte à tout ce qui est financier et administratif… Car on cherche aussi à obtenir un statut associatif, mais c’est difficile en Allemagne…
Julie : …Il faut sept mois minimum d’existence, avoir une charte très précise. C’est comme une micro-entreprise en fait…
Aurélia : … Sans ce statut c’est dur. On a eu une aide pour la dernière exposition. Mais c’est tout…
Julie : …L’idéal ce serait un mécène!
Aurélia : On aimerait maintenant ne plus perdre de l’argent, pas forcément en gagner, seulement ne pas en perdre.
Photos et texte : Chloé Rondeleux et Bertrand Courrège – IJBA
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Sur Berlin Kultur Lab : J’ai choisi Berlin : Aurélia
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