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Le quartier populaire et cosmopolite de Neukölln, au sud-est de Berlin, essuie régulièrement des attaques néonazies: tags, vols, caillassages… La résistance citoyenne s’organise autour du projet “Neukölln contre les nazis”, auquel participent commerces alternatifs et sympathisants de gauche.
Marine Barros et Angélique Le Bouter
La capitale allemande regorge de galeries d’art contemporain de toutes tailles, de l’intimité des minuscules boutiques à la démesure des surfaces industrielles réaménagées. Tanja Gerken a choisi d’installer la sienne sur les deux niveaux d’un bâtiment de la rue historique des galeries berlinoises. Elle a préféré Berlin à Paris ou Londres. Actuellement, elle présente l’œuvre d’un jeune artiste allemand, Alexander Habisreutinger. Rencontre.
Photos : Arne Bensiek, son : Sébastien Jaime
Galerie Gerken, Auguststrasse 49, D-10119 Berlin Tél. : +49 (0) 30 978 940 66

Depuis un an, voir des journalistes arpenter les couloirs du foyer pour SDF Reichtum 2 (« Richesse 2 ») est devenu chose courante. Après la rénovation de leur centre en décembre 2008, ses résidents se sont retrouvés sous le feu des projecteurs. Les travailleurs sociaux ont des airs de guides touristiques et ont acquis des réflexes dans la visite des lieux. Etape incontournable, la chambre de Heinz, un sexagénaire original qui passe ses journées à sculpter minutieusement de petits objets en bois. Habitué, le vieil homme ouvre sa chambre et laisse la visite se faire. « Encore des journalistes ! » blague-t-il avec Tania, éducatrice du foyer.
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Directrice artistique d’une galerie et d’une agence de street art, organisatrice de soirées, chroniqueuse dans un magazine de tendances urbaines et artiste -elle fait du tricot de rue- Oryanne Lelong s’est appropriée la ville vitesse grand V. Cette ancienne parisienne en avait “ras-le-bol” de la capitale française et de son milieu artistique trop petit. Alors il y a un an, après la démission de son petit ami, ils décident de partir. Aujourd’hui, à 28 ans, elle veut s’installer à Berlin durablement et y faire des enfants.
Un peu plus sur Oryanne : le site de la galerie où elle travaille
Pour tout savoir sur le tricot de rue
Maud Rieu et Thomas Bartherote

L’odeur d’urine est étouffante et la cage d’escalier intégralement taguée. C’est sûr, nous sommes bien au Tacheles. Au troisième étage, un faisceau de lumière au bout du couloir. Bruno di Martino nous attend dans son atelier.
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L’histoire du Tacheles ne peut se raconter sans la pression des promoteurs immobiliers, principale menace depuis sa création en 1990. Pourtant, l’immeuble a survécu jusque là. Un dernier rebondissement pourrait changer la donne : l’expiration du bail il y a quelques mois. Les « locataires » sont priés de quitter les lieux.

L’immense bâtiment peinturluré n’a pas toujours été un repère d’artistes. Grand magasin partiellement bombardé pendant la seconde guerre mondiale, l’immeuble est laissé à l’abandon. Après la chute du Mur, dans un contexte de flou juridique, c’est la valse des propriétaires. Le bâtiment est d’abord squatté par un collectif d’artistes, le Tacheles. Puis rapidement, la ville propose un loyer symbolique de 50 centimes par an.
A l’heure où les menaces immobilières pèsent sur l’édifice, la solidarité entre artistes est vacillante. Les bisbilles internes infiltrent la maison et le projet commun qui unissait les premiers squatteurs ressemble de plus en plus au bâtiment qui les abrite : une ruine. Au mieux, il ne s’agit que de divergences d’opinion ; au pire, on peut y voir une fracture idéologique. Txus est de ceux qui ont fait scission. Aujourd’hui, malgré son expulsion, il occupe un local en bas de l’immeuble et suscite les foudres du directeur Martin Reiter et de sa responsable des relations publiques Linda Cerna. Chaque camp jugeant l’autre responsable du déclin.
Lire aussi :
La fin d’un règne - Tacheles 1 : l’expulsion dans toutes les têtes
La fin d’un règne – Tacheles 2 : les promoteurs à l’assaut
La fin d’un règne – Tacheles 4 : le squat a vendu son âme
Dossier réalisé par Anaïs Crouzet, Maéva Louis et Julie Urbach.
Il figure dans tous les guides. Cinq cent mille visiteurs y affluent chaque année. Si le Tacheles bénéficie toujours d’une grande notoriété, l’esprit n’y est plus.

Ce lieu mythique de la culture alternative des années 1990 à Berlin a vendu son âme. A trop vouloir s’adapter aux lois du marché, il jette encore de la poudre aux yeux des touristes du monde entier mais les Berlinois n’y croient plus. « Ça ne tient plus ses promesses » déplore Caroline Elias, interprète. « Ceux qui n’ont pas réussi sont restés au Tacheles » ajoute t-elle. « Ce n’est plus qu’un effet de vitrine. »
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Plus d’un million et demi d’hectolitres de bière sont produits chaque année dans la « brauerei. »
Photo: Clément Beuselinck-Doussin
Une balade sonore dans la plus grande brasserie de Berlin, pour tout savoir de la passion qui anime les Allemands quand il s’agit de bière.
Pierre Breteau

Photo : yasmapaz.
Pentecôte 2009, dans le sud de Berlin. Venus de tout le pays, 250 adolescents partent en colonie de vacances. Les sardines sont dégainées, le feu de camp s’élève, le départ est donné pour trois jours de veillées chamalo-guitaresques. Une colo plutôt classique, sauf que les ados et les monos n’ont emporté aucun vêtement dans leurs valises.
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« L’association mitHilfe vient en aide à tous les sans-abri de Berlin. Elle recherche des ouvriers qui pourraient effectuer des petites réparations dans des foyers d’aide. »
Quand il a vu cet appel dans l’édition du 10 mai du BZ, Joszef Selyem a attrapé son téléphone pour y répondre. Ancien concierge, aujourd’hui à la retraite, il a du temps à consacrer aux autres et il est habitué à bricoler : travaux de menuiserie, de peinture, d’électricité… Aujourd’hui, il se rend pour la première fois au local de l’association, à deux pas de la station de métro Köllnische Heide. Sa contribution permettra de rénover des logements insalubres et de garder les foyers pour sans-abri dans des conditions décentes. A l’issue de l’entretien, Jozsef ne sait pas s’il bénéficiera d’une gratification. Il n’a même pas songé à poser la question. Sa motivation est ailleurs.
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